12 août 2007

Jean Fayolle : "J’ai été candidat du Modem aux dernières élections législatives et je me retrouve depuis dans une situation financière très critique"

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L’histoire que vous allez lire dans cette note va certainement vous émouvoir mais aussi vous étonner par son absurdité. Comment en arrive t-on là ? Genèse d’un « renouvellement politique ».

Publié dans Demosweb, forum animé par des militants du Mouvement démocrate de François Bayrou (merci à Quentin Thévenon) :

« Adhérents du MoDem,

J’ai été candidat du MoDem aux dernières élections législatives dans la 13è circonscription des Bouches-du-Rhône et parce que je n’ai pas réalisé les 5%, je me retrouve depuis dans une situation financière très critique.

En effet, je suis étudiant, je rentre en Master II de droit des affaires l’an prochain, et ne dispose d’aucun revenu à l’exception de ma bourse étudiante délivrée sur critères sociaux.

La campagne a coûté 30 000 euros et devait être financée par une autorisation de découvert du même montant contractée auprès du Crédit coopératif en échange d’une cession de créance (la créance détenue sur l’Etat du fait du remboursement des frais de campagne) car il ne faisait aucun doute à la banque que j’obtiendrais les 5%. Seulement, cette dernière s’est refusé dès le lendemain du premier tour (suite aux résultats) de mettre à ma disposition un euro de plus que ceux qui avaient déjà été viré avant le premier tour, soit 15 000 euros .

Dès lors, j’ai eu pour 8000 euros de chèques rejetés que j’ai pu par la suite honorer en me faisant prêter 5000 euros par ma mère qui a dû débloquer de l’argent placé pour sa retraite, et en obtenant 4 000 euros de dons auprès de connaissances.

Le MoDem a ensuite réglé les 15 000 euros avancés par le crédit coopératif mais je dois encore 6 800 euros (imprimeur, frais de découvert, charges sociales sur un contrat de travail de trois semaines…) pour lesquels aucune aide ne m’est apportée par le MoDem.

Malgré mes appels et courriers auprès de notre direction, aucune réponse ne m’est parvenue.

Depuis cette élection, je vis désormais avec des ressources bien en deçà du seuil de pauvreté et vais probablement devoir arrêter mes études pour rembourser les dettes (6800 euros donc plus les 5000 à rembourser à ma mère) alors que je dois normalement passer l’examen d’entrée à l’école d’avocat en septembre ; bref, un véritable gâchis qui me fait amèrement regretter ma candidature, d’autant que je ne devais, au départ, qu’être suppléant d’une candidate qui s’est retirée.

Mais le plus décevant dans tout ça, outre le manque de considération de nos dirigeants, c’est que mes voix rapportent plus au MoDem que les 15 000 versés ; alors je vous pose la question, est-ce normal que le parti s’enrichisse quand je m’appauvris et m’endette pour des années ?

Je suis désormais perplexe sur notre capacité à défendre un projet de société humaniste basé sur la solidarité quand celle-ci n’existe pas dans notre propre parti. C’est pourquoi je me permets de vous solliciter, chacun d’entre vous, non pas pour participer au remboursement, mais pour inciter par vos réactions notre direction à me venir en aide.

Je compte sur vous pour exprimer votre désolation face à une telle situation afin qu’une issue digne de nos valeurs soit trouvée rapidement. »

Adhérent jeune UDF depuis 2004, ancien responsable, je peux apporter quelques explications à cette histoire. En 2004, les jeunes UDF, estimant être un vivier de candidats jeunes, appellent au « renouvellement du personnel politique » et annoncent leur objectif de former, pour 2007, 1000 jeunes candidats aux élections législatives, cantonales et municipales (qui à l’époque étaient encore prévues la même année). Tout nouvel adhérent, j’ai bien sûr été impressionné et séduit par cette belle opportunité. J’étais heureux de participer à un mouvement politique qui prête autant d’attention et qui fasse autant confiance aux jeunes.

C’était sans compter sur les avertissements de mon Président fédéral d’alors, déjà vieux routard de la politique, à qui je dois rendre hommage sur ce point. Je ne saurais pas retrouver ses mots exacts, mais il m’expliqua qu’il doutait, premièrement, de l’effectivité des candidatures de jeunes UDF en 2007 : le national jeune promettait, mais le national « tout court », qui est le seul à accorder les investitures, accepterait-il ? Sur ce premier point, mon Président d’alors a eu raison : sur les 200 jeunes UDF candidats à l’investiture du Modem pour les législatives, seulement une quarantaine a été exaucée, le pourcentage total de candidats jeunes (moins de 35 ans à l’UDF) atteignant seulement 8% du nombre total de candidatures. Membre du Conseil fédéral des Jeunes UDF, je peux témoigner de la déception qui a gagné beaucoup de jeunes, certains se préparant depuis des mois voire des années. Pour ne citer qu’elle, Quitterie Delmas, l’égérie d’une partie de la blogosphère UDF, a cristallisé beaucoup de cette rancœur.

Mais certains jeunes, comme le prouve Jean Fayolle, sont donc parvenu à obtenir l’investiture de l’UDF-Modem. Inutile de préciser qu’on envoyait la plupart à la conquête de circonscriptions ingagnables, faute d’avoir trouvé meilleur candidat. Sur l’ensemble des candidats jeunes du Modem, à ma connaissance, aucun n’a accédé au second tour. Certains ont certes réalisé de jolis scores, comme mon ami et Président des Jeunes UDF Jean-Yves de Chaisemartin (11%), mais pour tous, l’aventure s’est arrêtée le soir du 10 juin. Déception, découragement, rancoeurs… Même pas la réussite d’un ami pour se consoler. "Ces candidats là vont se griller et nous allons les décourager si ce n’est les dégoûter à vie" avait prédit mon ancien Président. Demandez à Jean Fayolle s’il compte se représenter en 2012, pour rebondir sur ce qui n’est qu’une première défaite, comme tous les grands hommes politiques ont déjà vécu…

L’opération « 1000 candidats jeunes pour 2007 » avait-elle un sens ? Pourquoi des candidats « jeunes » ? Qu’est-ce qu’un candidat « jeune » ? Cela doit-il être un critère pour l’investiture ? N’est-on pas candidat juste parce qu’on est le meilleur, le plus sincère, le plus juste ? Ces candidats là, finalement, ont été gonflés à l’ego, de manière irrationnelle et irresponsable. Au point qu’ils ont engagé des sommes toutes aussi irrationnelles dans la campagne : 30000 €, c’est très conséquent. Employer un permanent pendant 3 semaines pour une campagne, c’est très rare. Alors bien sûr, il faut aider Jean Fayolle, évidemment il faut alerter les responsables du Modem et en particulier ceux qui sont en charge des élections, chez les jeunes et chez les aînés. Parce que le plus grave, à mon sens, ce n’est pas d’avoir fait une telle bêtise, c’est de l’avoir laisser faire. Pire, de l’avoir encouragé.

23 juillet 2007

Le Modem amiénois peut-il s’allier avec la gauche ?

Le Courrier Picard se moque, aujourd'hui, dans sa rubrique « Du haut de la tour » (page 9), du Mouvement démocrate amiénois qui semblerait intéressé par une union avec la gauche locale en vue des élections municipales.


« Il ne manquerait plus que Gilles de Robien joue l’ouverture à la Sarkozy en recrutant des personnalités de gauche et on pourrait se retrouver avec un choix plutôt embarrassant aux prochaines municipales, raille le Courrier Picard : une liste de centre-gauche et une liste de gauche-centre » ! Une liste menée par Gilles de Robien dans laquelle figurerait des personnalités de gauche remarquables pour leur modernisme et leurs compétences, pourquoi pas ? J’y suis même très favorable !

"Je préfère éviter à mes amis du Modem des négociations longues et inutiles"

Mais je préfère éviter à mes amis du Modem des négociations longues et inutiles. Il suffit de lire l’interview de François Hollande dans le Monde daté du 24 juillet pour se rendre compte que l’ouverture n’est pas le propre de la gauche. À la question « Pratiqueriez-vous l’ouverture si vous reveniez aux responsabilités ? », le Premier secrétaire du Parti socialiste répond sans ambiguïté : « l’ouverture n’est pas la bonne démarche. Il faut rejeter la confusion des politiques, des programmes, des personnes. Vieille chimère, le "gouvernement des meilleurs" conduit à la politique du pire. C’est antipolitique et adémocratique. » Dommage…