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31 août 2007

Robien toujours ambassadeur d'Amiens

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Le 17 août dernier, une dépêche AFP nous apprenait que Gilles de Robien, ancien Ministre des Transports puis de l'Education nationale, était "désigné délégué du gouvernement français au sein du Bureau International du Travail."

Le BIT, basé à Genève, est l’organe exécutif de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), une institution spécialisée de l'ONU, où siègent des représentants des gouvernements, des syndicats et des employeurs, et qui a pour rôle de promouvoir les droits des travailleurs, d'améliorer leurs conditions de travail, de lutter contre le chômage et contre le travail des enfants.

Que penser de cette nomination ? Une récompense ? Peut-être. Le centriste Gilles de Robien, après une longue hésitation, avait décidé d'être cohérent avec la ligne politique qu'il avait déssiné depuis 2002 et de soutenir Nicolas Sarkozy et non François Bayrou à l'élection présidentielle. Ne s'étant pas présenté aux élections législatives, il semblait ne vouloir se consacrer qu'à Amiens, dont il avait retrouvé le siège de maire le 29 mars dernier.

In fine, quoi de mieux pour Amiens que d'avoir comme maire une personnalité politique de premier plan ? Gilles de Robien au BIT, c'est une fois de plus pour lui l'occasion de porter haut les couleurs de notre ville dans le monde entier. Je ne sais pas si les amiénois savent avec quelle insistance notre premier magistrat se fait l'ambassadeur de notre ville dès qu'il en a l'occasion. A titre d'exemple : quand j'étais en stage au Ministère de l'Education, je passais souvent dans la "salle blanche", grande pièce réservée pour l'organisation de cérémonies, la réception d'interlocuteurs extérieurs etc. La déco avait été soignée par le Ministre lui-même, et de grands encadrements de notre Cathédrale et de la Tour Perret y trônaient fièrement...

Illustration : une ancienne photo officielle bien connue...

11:50 Publié dans Amiens , Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Amiens, Robien, BIT, OIT

13 août 2007

Vacances...

Départ un peu improvisé pour une semaine que j'espère très reposante en Auvergne... Je suis incertain quant à mes capacités de bloguer (je devrais quand même bénéficier d'une connexion Internet)... Comme promis, une jolie photo en guise de carte postale !

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11:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : vacances

12 août 2007

Jean Fayolle : "J’ai été candidat du Modem aux dernières élections législatives et je me retrouve depuis dans une situation financière très critique"

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L’histoire que vous allez lire dans cette note va certainement vous émouvoir mais aussi vous étonner par son absurdité. Comment en arrive t-on là ? Genèse d’un « renouvellement politique ».

Publié dans Demosweb, forum animé par des militants du Mouvement démocrate de François Bayrou (merci à Quentin Thévenon) :

« Adhérents du MoDem,

J’ai été candidat du MoDem aux dernières élections législatives dans la 13è circonscription des Bouches-du-Rhône et parce que je n’ai pas réalisé les 5%, je me retrouve depuis dans une situation financière très critique.

En effet, je suis étudiant, je rentre en Master II de droit des affaires l’an prochain, et ne dispose d’aucun revenu à l’exception de ma bourse étudiante délivrée sur critères sociaux.

La campagne a coûté 30 000 euros et devait être financée par une autorisation de découvert du même montant contractée auprès du Crédit coopératif en échange d’une cession de créance (la créance détenue sur l’Etat du fait du remboursement des frais de campagne) car il ne faisait aucun doute à la banque que j’obtiendrais les 5%. Seulement, cette dernière s’est refusé dès le lendemain du premier tour (suite aux résultats) de mettre à ma disposition un euro de plus que ceux qui avaient déjà été viré avant le premier tour, soit 15 000 euros .

Dès lors, j’ai eu pour 8000 euros de chèques rejetés que j’ai pu par la suite honorer en me faisant prêter 5000 euros par ma mère qui a dû débloquer de l’argent placé pour sa retraite, et en obtenant 4 000 euros de dons auprès de connaissances.

Le MoDem a ensuite réglé les 15 000 euros avancés par le crédit coopératif mais je dois encore 6 800 euros (imprimeur, frais de découvert, charges sociales sur un contrat de travail de trois semaines…) pour lesquels aucune aide ne m’est apportée par le MoDem.

Malgré mes appels et courriers auprès de notre direction, aucune réponse ne m’est parvenue.

Depuis cette élection, je vis désormais avec des ressources bien en deçà du seuil de pauvreté et vais probablement devoir arrêter mes études pour rembourser les dettes (6800 euros donc plus les 5000 à rembourser à ma mère) alors que je dois normalement passer l’examen d’entrée à l’école d’avocat en septembre ; bref, un véritable gâchis qui me fait amèrement regretter ma candidature, d’autant que je ne devais, au départ, qu’être suppléant d’une candidate qui s’est retirée.

Mais le plus décevant dans tout ça, outre le manque de considération de nos dirigeants, c’est que mes voix rapportent plus au MoDem que les 15 000 versés ; alors je vous pose la question, est-ce normal que le parti s’enrichisse quand je m’appauvris et m’endette pour des années ?

Je suis désormais perplexe sur notre capacité à défendre un projet de société humaniste basé sur la solidarité quand celle-ci n’existe pas dans notre propre parti. C’est pourquoi je me permets de vous solliciter, chacun d’entre vous, non pas pour participer au remboursement, mais pour inciter par vos réactions notre direction à me venir en aide.

Je compte sur vous pour exprimer votre désolation face à une telle situation afin qu’une issue digne de nos valeurs soit trouvée rapidement. »

Adhérent jeune UDF depuis 2004, ancien responsable, je peux apporter quelques explications à cette histoire. En 2004, les jeunes UDF, estimant être un vivier de candidats jeunes, appellent au « renouvellement du personnel politique » et annoncent leur objectif de former, pour 2007, 1000 jeunes candidats aux élections législatives, cantonales et municipales (qui à l’époque étaient encore prévues la même année). Tout nouvel adhérent, j’ai bien sûr été impressionné et séduit par cette belle opportunité. J’étais heureux de participer à un mouvement politique qui prête autant d’attention et qui fasse autant confiance aux jeunes.

C’était sans compter sur les avertissements de mon Président fédéral d’alors, déjà vieux routard de la politique, à qui je dois rendre hommage sur ce point. Je ne saurais pas retrouver ses mots exacts, mais il m’expliqua qu’il doutait, premièrement, de l’effectivité des candidatures de jeunes UDF en 2007 : le national jeune promettait, mais le national « tout court », qui est le seul à accorder les investitures, accepterait-il ? Sur ce premier point, mon Président d’alors a eu raison : sur les 200 jeunes UDF candidats à l’investiture du Modem pour les législatives, seulement une quarantaine a été exaucée, le pourcentage total de candidats jeunes (moins de 35 ans à l’UDF) atteignant seulement 8% du nombre total de candidatures. Membre du Conseil fédéral des Jeunes UDF, je peux témoigner de la déception qui a gagné beaucoup de jeunes, certains se préparant depuis des mois voire des années. Pour ne citer qu’elle, Quitterie Delmas, l’égérie d’une partie de la blogosphère UDF, a cristallisé beaucoup de cette rancœur.

Mais certains jeunes, comme le prouve Jean Fayolle, sont donc parvenu à obtenir l’investiture de l’UDF-Modem. Inutile de préciser qu’on envoyait la plupart à la conquête de circonscriptions ingagnables, faute d’avoir trouvé meilleur candidat. Sur l’ensemble des candidats jeunes du Modem, à ma connaissance, aucun n’a accédé au second tour. Certains ont certes réalisé de jolis scores, comme mon ami et Président des Jeunes UDF Jean-Yves de Chaisemartin (11%), mais pour tous, l’aventure s’est arrêtée le soir du 10 juin. Déception, découragement, rancoeurs… Même pas la réussite d’un ami pour se consoler. "Ces candidats là vont se griller et nous allons les décourager si ce n’est les dégoûter à vie" avait prédit mon ancien Président. Demandez à Jean Fayolle s’il compte se représenter en 2012, pour rebondir sur ce qui n’est qu’une première défaite, comme tous les grands hommes politiques ont déjà vécu…

L’opération « 1000 candidats jeunes pour 2007 » avait-elle un sens ? Pourquoi des candidats « jeunes » ? Qu’est-ce qu’un candidat « jeune » ? Cela doit-il être un critère pour l’investiture ? N’est-on pas candidat juste parce qu’on est le meilleur, le plus sincère, le plus juste ? Ces candidats là, finalement, ont été gonflés à l’ego, de manière irrationnelle et irresponsable. Au point qu’ils ont engagé des sommes toutes aussi irrationnelles dans la campagne : 30000 €, c’est très conséquent. Employer un permanent pendant 3 semaines pour une campagne, c’est très rare. Alors bien sûr, il faut aider Jean Fayolle, évidemment il faut alerter les responsables du Modem et en particulier ceux qui sont en charge des élections, chez les jeunes et chez les aînés. Parce que le plus grave, à mon sens, ce n’est pas d’avoir fait une telle bêtise, c’est de l’avoir laisser faire. Pire, de l’avoir encouragé.

10:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Modem, Jean, Fayolle, législatives, jeunes

11 août 2007

Bye bye Harrison

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Mon stage chez Harrison & Wolf s'est terminé hier soir... Tous ceux qui sont passés dans ce "jardin" où il fait bon cultiver ses idées comprendront l'émotion qui me gagne aujourd'hui. Ces 6 mois ont été d'un enthousiasme et d'un enrichissement rares. Je venais découvrir le travail en agence, j'ai en plus découvert un état d'esprit, une ambiance, et beaucoup de qualités humaines !

Une visite sur le site www.harrison-wolf.com vous permettra de découvrir quelques unes de leurs créations.

Pour ma part, me voici devenu chômeur ! Encore bien occupé, avec un mémoire à écrire avant de valider mon diplôme... Et le premier "vrai" boulot ne devrait pas tarder à arriver. J'ai préféré chercher chez l'annonceur plutôt qu'en agence. J'espère pouvoir vous en dire plus bientôt !

23:10 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : harrison, wolf, stage

10 août 2007

Drame à Amiens

Un drame qui doit nous interpeller, j'espère pouvoir revenir dessus ce soir :

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UN ENFANT DE SANS-PAPIER AGE DE 12 ANS TOMBE DU 4e ETAGE EN TENTANT D'ECHAPPER A LA POLICE

Le Monde du 11 août 2007

Le jeune Russe souffre d'un traumatisme crânien et d'importantes lésions cérébrales. Hospitalisé au CHU d'Amiens, il se trouvait toujours dans le coma vendredi matin.

Ivan Dembski, un garçon russe âgé de 12 ans, sans-papiers, a été grièvement blessé, jeudi 9 août, à Amiens, après être accidentellement tombé du quatrième étage de son immeuble. L'enfant essayait de suivre son père qui tentait d'échapper à la police venue interpeller la famille dans le cadre d'une procédure pour séjour irrégulier. Vendredi matin, le centre hospitalier d'Amiens indiquait que " le pronostic vital était toujours réservé ", le garçon souffrant d'un traumatisme crânien et d'importantes lésions cérébrales.

Selon les indications données par la préfecture, la famille avait " épuisé ses voies de recours " et " se trouvait en situation irrégulière ". Le couple ne s'étant pas présenté, la veille de l'accident, à une convocation au commissariat, le parquet avait autorisé les policiers à les interpeller à leur domicile. A 7 h 45, selon le récit donné par le procureur, des policiers d'une unité administrative, accompagnés d'un interprète russe, se sont présentés devant l'appartement.

" Ils ont frappé à la porte à plusieurs reprises et tenté de parler aux occupants à travers la porte en déclinant leur identité pour leur demander d'ouvrir. En absence de réponse de leur part, il a été décidé de faire appel à un serrurier qui est arrivé sur place à 8 h 20 ", a expliqué Patrick Beau, le procureur de la République. Face au risque d'une interpellation et d'une expulsion vers son pays d'origine, le père de famille a alors décidé de fuir en passant par la façade de l'immeuble. Son fils aurait tenté de le suivre mais serait tombé dans le jardin, quatre étages en contrebas.

" Un adulte qui tenterait de descendre peut s'agripper aux balcons pour glisser les jambes et atteindre l'étage en dessous. C'est beaucoup plus difficile pour un enfant qui mesure moins d'un mètre cinquante ", souligne M. Beau. Selon le procureur, les policiers n'avaient pas encore réussi à pénétrer dans l'appartement au moment où l'enfant est tombé. Ils auraient été alertés sur le drame en cours par les cris de la mère dans l'appartement. " Nous avons dû persuader la mère de ne pas sauter à son tour ", explique Sekou Bayo, un membre du collectif des sans-papiers, prévenu de l'intervention policière et présent dans un appartement voisin.

"PRESSION DU CHIFFRE"

Le procureur de la République a demandé une enquête à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Les enquêteurs, qui ont débuté leurs travaux dès jeudi soir, devront préciser les conditions d'intervention de la police et " les gestes de chacun des membres de la famille au moment des faits ". Pour permettre aux parents de rester aux côtés de leur enfant, le procureur a suspendu les enquêtes judiciaires les concernant.

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a souhaité que " toute la lumière soit faite " et exprimé sa " tristesse ". Le Premier ministre François Fillon a également promis de " faire toute la lumière ", en précisant toutefois que la politique de l'immigration nécessitait " une fermeté et un engagement fort de tous les agents de l'Etat ". Le ministre de l'immigration et de l'identité nationale, Brice Hortefeux, a fait part de son " émotion ", indiquant que toutes les conséquences seraient tirées du rapport de l'IGPN.

Les opposants à la politique gouvernementale ont vivement réagi. " Cela fait des mois que l'on redoute ce genre d'événements. Les policiers et les préfectures sont soumis à la pression du chiffre, les bavures deviennent inévitables ", a indiqué Richard Moyon, porte-parole du réseau Education sans frontières. " Si l'Etat persiste dans cette chasse aux enfants et aux parents, il y aura d'autres victimes ", a prévenu le militant.

La Ligue des droits de l'homme (LDH) a dénoncé la politique menée par le gouvernement qui " ne cesse de provoquer des drames humains sans pour autant résoudre ce contre quoi elle prétend lutter ". De son côté, le Parti socialiste a souligné " sa très grande inquiétude face aux nombreuses poursuites de parents étrangers et de leurs enfants scolarisés ". Luc Bronner © Le Monde

11:10 Publié dans Amiens , Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : amiens, drame, sans, papier, immigration

09 août 2007

Les anti-OGM ont-ils suicidé un agriculteur dans le Lot ?

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Les anti-OGM ont-ils suicidé Claude Lagorse, agriculteur dans le Lot ? A fortiori oui, puisque le pauvre a été retrouvé pendu à un arbre de son exploitation, un plant de maïs et un tract signé par la Confédération paysanne sous ses pieds. Le prospectus annonçait un « pique-nique » militant devant la parcelle de maïs modifié qu’il avait planté, en toute légalité, pour nourrir ses cochons.


Ma note ne se veut pas un débat sur les OGM. Nous en reparlerons. Notons qu’un atelier sur cette question va être créé à la rentrée dans le cadre du Grenelle de l’environnement, auquel participeront les membres des groupes Santé, Biodiversité et Agriculture. Moratoire, mise en place d’experts indépendants… tous ces sujets y seront abordés.


Ce qui me révolte dans le suicide de l’agriculteur du Lot, c’est que ce sont les méthodes employées par les militants anti-OGM qui l’on amené à mettre fin à ses jours. Je ne partage pas leur conception du débat et de l’action politique. Moi-même engagé, je pense sincèrement que dans notre Démocratie, les moyens légaux qui sont mis à notre disposition permettent de se faire entendre (encore faut il bien les utiliser…).


Dans une note sur ce même sujet, Authueil dénonce des pratiques telles que « la pression psychologique, le harcèlement, ou l'atteinte aux biens », autant de délits réprimés par le code pénal. Je crois qu’il a raison. Car, quelle utilité d’aller pique-niquer dans le champ d’un agriculteur si ce n’est pour le stigmatiser ? Quand bien même le déjeuner aurait-il fini en saccage de la parcelle, cela n’aurait pas résolu le problème des OGM. L’enjeu était bien médiatique, l’objectif était bien d’obtenir un article dans le canard local et un reportage sur France 3. Sauf que là, le prix a été la vie d’un homme. Nous devons y réfléchir. En attendant, Michel Barnier et Jean-Louis Borloo, respectivement ministres de l’agriculture et du développement durable, ont lancé « un appel commun à l’apaisement et à la dignité à l’intention de tous les acteurs du débat sur les OGM ». La Confédération paysanne, elle, via son porte-parole dans le Midi-Pyrénées, a expliqué qu’ils n’étaient « pas là pour faucher mais pour provoquer un débat sur les OGM. » On aurait aimé des excuses à la famille.


---> article du Monde daté du 09/08/07


SOCIAL L'homme a été retrouvé pendu, le 5 août, à proximité de son champ de maïs transgénique

QUESTIONS AUTOUR DU SUICIDE D'UN AGRICULTEUR DANS LE LOT

Girac (Lot), envoyée spéciale


A sa façon, Claude Lagorse, a révélé son secret au pied de l'arbre auquel il s'est pendu, le 5 août. Lorsque les gendarmes ont découvert son corps, peu après qu'il les eut alertés par téléphone de son intention de se tuer, ils ont retrouvé un plant de maïs et un tract appelant à un " pique-nique " anti-OGM, prévu le même jour, devant sa parcelle.


Jusque-là, cet éleveur de porcs n'avait jamais évoqué les hectares de maïs transgénique qu'il avait plantés au printemps, en lisière de forêt. Pas même avec sa femme. Les 406 habitants de son village de Girac l'ignoraient, tout comme ses trois voisins exploitants. Depuis, son suicide agite tout le monde agricole, qui y voit un révélateur des flous de la réglementation française sur les OGM.


Le 6 août, dans un communiqué, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) et les Jeunes agriculteurs (JA), majoritaires, a ainsi dénoncé, " le drame de trop " et appelé le gouvernement à " faire respecter la légalité ". Jeudi 9 août, le ministère de l'agriculture devrait recevoir une délégation de la Confédération paysanne, favorable à un moratoire.


Pendant ce temps, à Girac on a peu de doutes sur les failles psychologiques de Claude Lagorse, 44 ans. Père de quatre enfants, agriculteur " modèle " " bon vivant ", s'il a craqué, c'est d'abord à cause " des pressions des anti-OGM ". Pour preuve, considère-t-on, la gigantesque flèche rose fluo sous-titrée " OGM ", graffitée sur toute la largeur de la nationale, qui pointe encore vers sa parcelle. Pour preuve encore, estime-t-on, le coup de fil, deux jours avant son décès, du représentant local de la Confédération paysanne, à l'origine du " pique-nique ", pour essayer de débattre.


De sources proches de l'enquête, ouverte par le parquet de Cahors, on confie que Claude Lagorse avait aussi de " très sérieux problèmes relationnels avec son frère ". Ce dernier gérait avec lui l'exploitation et était la seule autre personne au courant de l'existence de la parcelle transgénique.


RÉPUTATION " ÉCOLO "


Claude Lagorse ne faisait rien d'illégal en cultivant du maïs Mons 810. Il avait effectué sa déclaration auprès de sa coopérative, et était en règle. Cette procédure, instaurée par un décret du mois de mars, permet au gouvernement de recenser les parcelles transgéniques en France tout en garantissant la confidentialité sur leur emplacement. Ce dernier recommande certes aux cultivateurs d'OGM d'informer les exploitants des parcelles voisines mais ne les y oblige pas. Au final, seul un registre de la répartition des surfaces " par canton " est publié.


C'est là toute la faille du système. Et c'est à partir de ce registre que les militants anti-OGM se sont mis en quête de parcelles transgéniques, avant de débusquer Claude Lagorse. Quête d'autant plus active que, dans cette vallée de la Dordogne où élevages et cultures s'épanouissent à l'ombre des forêts humides, nombreux sont les agriculteurs qui protègent jalousement leurs labels de qualité.


A Girac, Claude Lagorse cultivait sa réputation d'éleveur " écolo " : bâtiments en bois, contrôle des odeurs. Lui aussi était labélisé. Au village, personne ne semble vraiment déçu ou inquiet de la découverte du champ transgénique. Seul son suicide choque. Comme d'autres, Nadine Cances, 49 ans, employée municipale résume la position commune : " Un coup, on tape sur les éleveurs, un coup, sur les faucheurs, mais on manque d'informations pour réellement savoir quoi penser. Quand on va sur Internet il y a soit des sites pro-OGM, soit des sites anti-OGM, c'est au gouvernement de trancher. "


Les obsèques de Claude Lagorse devaient se dérouler jeudi 9 août, à 15 heures. Une marche silencieuse est prévue jusqu'au cimetière. Son exploitation était juste en face.


Elise Vincent


© Le Monde

10:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : suicide, agriculteur, OGM, maïs, confédération, paysanne, conf

07 août 2007

Concert improvisé de Bjork au Baron

Pour tous ceux qui, comme moi, aime beaucoup Bjork, voici une petite vidéo de LaNuit.tv où l'on découvre la chanteuse islandaise improvisant, au cours d'une soirée dans le club parisien Le Baron, une reprise du tube techo des années 90 "No Limit" de 2 unlimited, avec Mattias Mimoun au piano. C'est drôle, festif et incroyablement attachant. C'est un peu comme ça que je conçois la musique...


14:40 Publié dans Musiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bjork, Baron, Paris

06 août 2007

Ouf, l'opposition n'est pas morte ! (pffffff...)

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J'avais peur que, destabilisée par la défaite et la stratégie d'ouverture du nouveau Président de la République, l'opposition soit morte en France. Me voilà rassuré, elle prouve sa vigueur en ironisant sur le sujet le plus important du moment : le prix des vacances de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis, et le nombre de ses "amis généreux" (il a déclaré avoir été "invité")...


Après le registre "Sarko facho", nous sommes passé depuis le "paquet fiscal" à celui de "Sarko Président des riches". "Officiellement, la rémunération du Président, qu’il fixe lui-même, est en gros de 6 000 euros par mois", explique René Dosière, député socialiste de l'Aisne, et auteur de L’argent caché de l’Elysée. "Une telle dépense ne peut être supportée par le Président puisqu’elle représente - si l’on ajoute le transport - davantage que [sa] rémunération annuelle" poursuit-il. Il a peut-être mis de l'argent de côté pendant sa carrière d'avocat...

10:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, vacances, opposition

03 août 2007

Greffe universitaire pour la Citadelle d'Amiens

Place forte née de la colère d'Henri IV envers les Amiénois, la Citadelle accueillera, d'ici à 2013, plus de 6.000 étudiants de l'université de Picardie Jules-Verne.

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S'il vous a échappé, je vous conseille la lecture de cet article paru dans les Echos le 1er août dernier, et signé du journaliste picard Guillaume Roussange. Encore un projet cher à mes yeux, d'autant qu'il concerne la faculté des Sciences humaines et sociales, où j'ai passé les 4 premières années de ma vie d'étudiant. Ne nous fions cependant pas à l'apparent enthousiasme de l'article : le projet de la Citadelle ne fait pas toujours l'unanimité, il y a toujours des "antis", un peu par principe... L'UNEF-Amiens, bien sûr, et même quelques dirigeants de l'Université. Parmis les arguments entendus (mais le mieux sera qu'ils s'expriment dans les commentaires), j'ai entendu qu'on voulait "remettre les sociologues et autres humanistes contestataires dans le coeur de ville pour les embourgeoiser...". Je les rassure : on veut nous mettre dans une "citadelle", toute une symbolique... Trêve de plaisanterie, je me plait souvent à rêver, dans un excès d'ambition peut-être, à un "quartier latin amiénois", qui irait de la zone Cathédrale avec la fac de droit & économie jusqu'à la Citadelle, en passant par la rue Saint-Leu avec le pôle scientifique... En plus, ce serait plus pratique pour les manifs ;-)


GREFFE UNIVERSITAIRE POUR LA CITADELLE D'AMIENS

"Malgré sa dizaine d'hectares et ses bâtiments imposants, la citadelle d'Amiens passe presque inaperçue dans le paysage urbain amiénois. Cernée par la Somme, au sud, et par les grands ensembles datant de la reconstruction, au nord, elle ne se révèle que difficilement, comme si les Amiénois l'avaient reléguée dans un coin, afin de guérir cette mémoire collective meurtrie par les circonstances de son édification.


A la fin du XVIe siècle, alors que l'Espagne occupe l'Artois et la citadelle de Doullens, la ville obtient d'Henri IV le privilège d'assurer seule sa défense. Mais la ruse des Espagnols a raison des défenses de la cité, qui tombe, provoquant l'ire du roi :« Ah quel malheur, Amiens est pris ! Les Espagnols s'en sont saisi par la porte pendant que les malheureux habitants qui n'ont pas voulu que je les garde s'amusaient à ramasser des noix que les soldats déguisés répandaient exprès devant le corps de garde », lâchera-t-il au soir de la défaite.


Le souverain confie alors au célèbre ingénieur Errard de Bar-le-Duc, l'inspirateur de Vauban, le soin de reprendre la ville, ce qu'il fait en six mois. Henri IV brise la constitution municipale, impose une garnison et, surtout, fait construire le fort. Pour créer ce pentagone régulier à cinq branches, les habitations du quartier Saint-Sulpice sont rasées, y compris une église, et la population est déplacée, à Saint-Leu, au bord de la Somme. Traumatisés, les riverains n'ont dès lors de cesse, sous Louis XIII, Louis XIV, et même sous Napoléon III, de demander la destruction de la citadelle. En vain.

Défi social et culturel majeur


Avec la paix retrouvée, le site perd progressivement de son importance stratégique, ne devenant le théâtre que de rares affrontements, pendant la guerre de 1870, puis plus tard, de la Seconde Guerre mondiale, où une cinquantaine de résistants sont fusillés dans ses fossés. Les Amiénois, avides de prendre leur revanche, n'hésitent pas à amputer l'édifice de deux bastions entiers, au mépris de la valeur historique et architecturale des casernements d'officiers datant du XVIIe siècle. Heureusement, la reconstruction épargne la majeure partie du site, comme la fameuse porte de Montrecu. Elevée à la gloire de François Ier et ornée des symboles royaux, elle est considérée par les spécialistes comme un joyau de l'architecture militaire de la Renaissance.


Inoccupée depuis le départ des dernières garnisons militaires, la dizaine d'hectares de la citadelle est rachetée dans les années 1990, pour 1,5 million d'euros par la municipalité. Convaincu que pour inscrire la ville dans une dynamique nouvelle, il faut d'abord lui rendre une certaine unité, le centriste Gilles de Robien, maire depuis 1989, lance un vaste plan de transfert des universités dans le centre-ville. Jusqu'alors rejetés hors de l'agglomération, sur un campus excentré, les 20.000 étudiants de l'université de Picardie Jules-Verne, ne participent pas ou peu à la vie et au dynamisme de la capitale picarde. Le plan permet la construction, dans le même périmètre, d'une nouvelle faculté de droit-économie, la naissance d'un pôle de formation artistique, ainsi que l'agrandissement de la faculté des sciences.


Reste à loger les facultés de sciences humaines. Pour les responsables municipaux et universitaires, l'espace libéré à la citadelle s'impose presque de lui-même. « Ce projet était avant tout pour notre équipe municipale une bonne façon de répondre à un défi social et culturel majeur. Nous voulions transformer un système de défense militaire en un lieu de savoir et déposer au pied des habitants du quartier nord une offre de formation », raconte le premier magistrat.


La requalification de la citadelle, estimée à 65 millions d'euros, tarde cependant à se concrétiser. Le maire, fort de son influence de ministre de l'Education, parvient à relancer l'opération, dont le financement est inscrit au contrat de projets 2007-2013. Dans cinq ans, l'ancien bastion accueillera donc les 6.000 étudiants des facultés de sciences humaines de l'université de Picardie Jules-Verne et de l'IUFM. En attendant, la citadelle reste un des plus gros chantiers d'insertion de la région, formant en permanence plus de 100 personnes aux métiers du bâtiment."

GUILLAUME ROUSSANGE

11:50 Publié dans Amiens | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : amiens, citadelle, université