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10 août 2007

Drame à Amiens

Un drame qui doit nous interpeller, j'espère pouvoir revenir dessus ce soir :

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UN ENFANT DE SANS-PAPIER AGE DE 12 ANS TOMBE DU 4e ETAGE EN TENTANT D'ECHAPPER A LA POLICE

Le Monde du 11 août 2007

Le jeune Russe souffre d'un traumatisme crânien et d'importantes lésions cérébrales. Hospitalisé au CHU d'Amiens, il se trouvait toujours dans le coma vendredi matin.

Ivan Dembski, un garçon russe âgé de 12 ans, sans-papiers, a été grièvement blessé, jeudi 9 août, à Amiens, après être accidentellement tombé du quatrième étage de son immeuble. L'enfant essayait de suivre son père qui tentait d'échapper à la police venue interpeller la famille dans le cadre d'une procédure pour séjour irrégulier. Vendredi matin, le centre hospitalier d'Amiens indiquait que " le pronostic vital était toujours réservé ", le garçon souffrant d'un traumatisme crânien et d'importantes lésions cérébrales.

Selon les indications données par la préfecture, la famille avait " épuisé ses voies de recours " et " se trouvait en situation irrégulière ". Le couple ne s'étant pas présenté, la veille de l'accident, à une convocation au commissariat, le parquet avait autorisé les policiers à les interpeller à leur domicile. A 7 h 45, selon le récit donné par le procureur, des policiers d'une unité administrative, accompagnés d'un interprète russe, se sont présentés devant l'appartement.

" Ils ont frappé à la porte à plusieurs reprises et tenté de parler aux occupants à travers la porte en déclinant leur identité pour leur demander d'ouvrir. En absence de réponse de leur part, il a été décidé de faire appel à un serrurier qui est arrivé sur place à 8 h 20 ", a expliqué Patrick Beau, le procureur de la République. Face au risque d'une interpellation et d'une expulsion vers son pays d'origine, le père de famille a alors décidé de fuir en passant par la façade de l'immeuble. Son fils aurait tenté de le suivre mais serait tombé dans le jardin, quatre étages en contrebas.

" Un adulte qui tenterait de descendre peut s'agripper aux balcons pour glisser les jambes et atteindre l'étage en dessous. C'est beaucoup plus difficile pour un enfant qui mesure moins d'un mètre cinquante ", souligne M. Beau. Selon le procureur, les policiers n'avaient pas encore réussi à pénétrer dans l'appartement au moment où l'enfant est tombé. Ils auraient été alertés sur le drame en cours par les cris de la mère dans l'appartement. " Nous avons dû persuader la mère de ne pas sauter à son tour ", explique Sekou Bayo, un membre du collectif des sans-papiers, prévenu de l'intervention policière et présent dans un appartement voisin.

"PRESSION DU CHIFFRE"

Le procureur de la République a demandé une enquête à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Les enquêteurs, qui ont débuté leurs travaux dès jeudi soir, devront préciser les conditions d'intervention de la police et " les gestes de chacun des membres de la famille au moment des faits ". Pour permettre aux parents de rester aux côtés de leur enfant, le procureur a suspendu les enquêtes judiciaires les concernant.

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a souhaité que " toute la lumière soit faite " et exprimé sa " tristesse ". Le Premier ministre François Fillon a également promis de " faire toute la lumière ", en précisant toutefois que la politique de l'immigration nécessitait " une fermeté et un engagement fort de tous les agents de l'Etat ". Le ministre de l'immigration et de l'identité nationale, Brice Hortefeux, a fait part de son " émotion ", indiquant que toutes les conséquences seraient tirées du rapport de l'IGPN.

Les opposants à la politique gouvernementale ont vivement réagi. " Cela fait des mois que l'on redoute ce genre d'événements. Les policiers et les préfectures sont soumis à la pression du chiffre, les bavures deviennent inévitables ", a indiqué Richard Moyon, porte-parole du réseau Education sans frontières. " Si l'Etat persiste dans cette chasse aux enfants et aux parents, il y aura d'autres victimes ", a prévenu le militant.

La Ligue des droits de l'homme (LDH) a dénoncé la politique menée par le gouvernement qui " ne cesse de provoquer des drames humains sans pour autant résoudre ce contre quoi elle prétend lutter ". De son côté, le Parti socialiste a souligné " sa très grande inquiétude face aux nombreuses poursuites de parents étrangers et de leurs enfants scolarisés ". Luc Bronner © Le Monde

11:10 Publié dans Amiens , Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : amiens, drame, sans, papier, immigration

Commentaires

C'est un fait, la police se charge d'intervenir l'été, à quelques jours de la rentrée, pour expulser les familles. Bien sûr, c'est son rôle. Mais il faut s'interroger sur les circonstances & les méthodes d'expulsion.
Ce qui est dommage, dans chaque fait actuel, c'est l'attente constante du drame pour obtenir la modernisation ou tout simplement l'action gouvernementale.
L'aspect sociologique et philosophique de cet évenement laisse entrouvert l'espoir d'une douceur d'action à l'avenir, pour réguler la société.

St*

Ecrit par : Stella | 10 août 2007

Nous sommes bien d'accord Stella, c'est le rôle de la police, et ce n'est que quand il y a un drame qu'on s'interroge sur la manière de faire... On imagine la scène dans sa tête et on a l'impression de voir un film qui se passe sous d'autres latitudes, ou en d'autres temps... Mais c'est bien en France, aujourd'hui même... Imagine pour moi : c'est dans la ville où je vis... On aimerait bien que ça n'arrive pas...

En même temps, on découvrira peut-être que la police a fait son travail dans les règles de l'art, et que c'est cette famille qui a pris des risques inconsidérés...

On ne peut que être triste...

Ecrit par : fabienhecquet | 10 août 2007

Suis-je le seul à penser que c'est ce père indigne qui devrait être enfermé pour avoir mis en danger de cette manière son propre fils ?

Ecrit par : Dixiemefosse | 26 août 2007