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13 juillet 2007

Réforme de l'Université : l'urgence absolue !

Le projet de loi sera débattu à l'Assemblée nationale le 23 juillet.


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L'incroyable mobilisation contre le CPE en mai 2006 (ici, sur le campus de Salouel) était aussi l'expression du malaise des étudiants universitaires face au marché du travail. Son responsable ? L'Université, inadaptée.


J'ouvre ce blog par un sujet qui me tient à coeur : j'ai été élu étudiant pendant deux ans, de 2004 à 2006, au Conseil d'administration de l'Université de Picardie Jules Verne.


De nombreux éditorialistes ont étalé dans la presse l'urgence de la réforme : sur le plan institutionnel, la tutelle étatique couplée aux multiples conseils aussi pléthoriques qu'impuissants supprime toute marge de manoeuvre aux établissements. Sur le plan de la Recherche et des débouchés professionnels, le fossé qui se creuse entre les masses universitaires et les élites des grandes écoles devient de plus en plus inquiétant.


L'autonomie des Universités, même si le projet de loi qui vient d'être adopté par le Sénat ne constitue pas la "rupture" qu'on était en droit d'attendre, est en premier pas décisif dans la résolution de ces problèmes.


Je voudrais apporter un double témoignage : celui de l'élu étudiant, qui a l'expérience de la "politique" universitaire, et celui du simple étudiant, qui a connu les bancs de la fac avant de profiter de ceux d'une "grande" école.


Les "porte-parole" de l'Université que sont les représentants des syndicats enseignants et étudiants se rendent-ils compte de la crise morale du monde étudiant dont leur idéologie, qui repose sur une conception dévoyée de l'égalité, est responsable ? A la lecture de la récente interview (7 juillet) que Georges Fauré, Président de l'Université de Picardie, a accordé au Courrier Picard, je crains que non.


« Le danger existe d’aboutir à une université à deux vitesses, si certains établissements ont davantage de moyens que d’autres, explique Georges Fauré. En particulier parce qu’ils sont mieux implantés et qu’ils reçoivent des subsides des entreprises. » Cette déclaration de mon ancien collègue du Conseil d'administration ne me surprend pas. Au nom d'une "philosophie" (comme il l'appelle lui même), l'Université française est totalement déconnectée du monde extérieur et de la réalité économique, et reste enfermée dans un contrat asocial de type soviétique où les étudiants font semblant de se former et les enseignants de leur délivrer une formation et des diplômes valorisés.


"Nous parlons ici de la formation et de l'avenir de quelques millions d'étudiants. Un sur deux se dit en situation de stress."

Si l'on en restait sur un plan conceptuel, ce constat ne me révolterait pas plus qu'un simple débat philosophique où je perdrais l'avantage. Or, nous parlons ici de la formation et de l'avenir de quelques millions d'étudiants. Plus de la moitié d'entre eux estiment ne pas avoir été suffisamment informés pour choisir leur orientation, un sur cinq assure que sa formation ne répond pas à ses attentes et un sur deux est en situation de stress - tant que je n'avais pas quitté l'Université, j'ai été en situation de stress. Combien regrettent d'avoir choisi l'Université ? Combien échouent ? 44% des étudiants abandonnent leur cursus sans aucun diplôme, selon les statistiques. Quel cruelle sélection ! Pire que celle de l'Université américaine constatait Pierre Bourdieu dans ses Héritiers. Car elle n'intervient qu'après le début du cursus. Et la déception est à la hauteur de l'attente.


Les raisons de cette démotivation ? Un climat général, plus enclin à la contestation et au repli sur soi qu'à l'épanouissement personnel et à l'envie d'entreprendre. La peur, surtout, du chômage, en préssentant l'inadéquation future entre sa formation et les réalités du monde du travail. Alors oui, Monsieur Fauré, l'Université ne doit pas avoir peur des "subsides des entreprises". Ce n'est pas de l'argent sale. Il peut profiter à l’Université et à ses recherches, aux étudiants et à leurs projets professionnels ! C’est votre prédécesseur, Gilles Demailly, qui m’a convaincu que l’Université possédait un véritable savoir qui intéressait les entreprises, quelles que soient les filières.

23:15 Publié dans Réformes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : réforme, université, autonomie, georges, fauré

Commentaires

Mais tu as combien de blogs ??!! J'aurais le plaisir d'inaugurer celui-là !

Ecrit par : Jeune MoDem 31 | 15 juillet 2007

Même si tu es déjà un habitué des blogs, je te souhaite bonne chance pour cette nouvelle aventure !
seb

Ecrit par : Sébastien Colombel | 20 juillet 2007

Bien dit ! L'université doit désormais aller de l'avant et s'ouvrir sur la société.

Ecrit par : Pol | 20 juillet 2007